
C'est celui d'Ousmane Bangoura, conteur guinéen, solaire dans le rôle d'un petit garçon né dans un camp d'internement politique en Guinée, du ventre de cette mère, enfermée pendant sept ans, parce qu'elle était trop belle. Puis amené à sortir pour assister à un spectacle, celui de la pendaison de son père...
Sur une scène habillée d'un écran blanc, défilent des images d'archives, des paysages de la Guinée dans les années 70-80. Des témoignages. Nécessaire rappel de cette période peu connue des Occidentaux, celle de la dictature de Sekou Touré, premier président de la Guinée, cette ancienne colonie française, qui exécuta sans pitié des milliers d'innocents supposés opposants.
En donnant la parole aux rescapés du camp, la mère et le décorateur du spectacle, Un cadavre dans l'½il offre la possibilité d'une cicatrisation à la nation guinéenne.
Costume noir, chemise blanche, pieds nus, Ousmane Bangoura interprète avec grâce cette tragédie, sans jamais verser dans un pathétisme déplacé. Soulagée de la gravité de l'histoire par les sonorités dansantes locales du musicien Témé Tan, la mise en scène de Guy Theunissen offre une bulle d'oxygène, une légèreté bienvenue, quand il s'agit d'ouvrir les terribles archives de la grande Histoire.
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